Compte rendu de la 2e coordination nationale des enseignants-chercheurs, 2 février 2009

Publié le par Collectif Psychologues Descartes

Compte rendu de la 2e coordination nationale des enseignants-chercheurs, 2 février 2009

 

La coordination a rassemblé 196 délégués venus de 54 établissements.

Au total, plus de 300 personnes (délégués ou non) ont assisté à la réunion de la coordination.

Parmi les mandatés sont intervenus des enseignants-chercheurs mais aussi des BIATOS soucieux que la coordination tienne compte de leurs revendications, des enseignants précaires (contractuels, vacataires) manifestant la même volonté et la même détermination.

Sont également intervenus des étudiants (représentant pour la plupart des organisations syndicales : UNEF, SUD Étudiants, AGEPS) défendant également la perspective d'une convergence enter étudiants et personnels des universités.

Allocution de Michel Fichant (Université de Paris IV) au nom du président de Paris IV

Michel Fichant souligne le « profond état de crise » qui touche à « l'identité universitaire et à l'indépendance intellectuelle ». Il évoque une « rafale de coups frappés d'en haut », un bureaucratisme des institutions. Il dénonce la « manœuvre de dernière heure de vendredi » (nouvelle mouture du décret sur le statut) dans laquelle il voit des « tentatives d'accommodement, de fausses satisfactions » qui ne peuvent que conduire à une « usine à gaz ». Il salue la coordination nationale et lui souhaite de fructueux débats. Il est heureux de pouvoir l'accueillir à Paris IV  (ce qui n'aurait sans doute pas été possible sous le président précédent...)

Bilan de la mobilisation

Des représentants de plus de 75 universités sont abonnés à la mailing list de la coordination nationale.

Le 29 janvier a été un immense succès.

Le 31 janvier s'est réuni le Collectif pour la défense des universités, qui demande le retrait du décret modifiant le statut des EC ; le même jour a eu lieu la première coordination nationale des IUFM qui demande le retrait du décret sur la masterisation des concours, a décidé la non-remontée des maquettes et voté la grève.

Discussion sur la 1ère motion

Une motion synthétique rappelant les deux revendications (retrait décret statut et retrait décret masterisation des concours) avec appel à la grève totale, illimitée et reconductible est d'abord proposée. Mais elle semble insuffisante à beaucoup, qui souhaitent reprendre au minimum la motion de la coordination du 22 janvier (laquelle explicite le processus d'attaques et de remises en cause généralisée en cours). C'est donc cette motion qui est reprise et votée.

Discussion sur les modalités de la mobilisation et de la grève

-         Beaucoup insistent sur la nécessité d'une grève active, vivante, notamment avec des temps forts, des débats, des « cours hors programme » en plein air, facs ouvertes, universités populaires. Que chaque jour on invente une forme nouvelle.

-         D'aucuns soulignent la nécessité d'une grève assumée, montrant que nous sommes à même d'aller jusqu'au bout, d'une véritable radicalité susceptible d'entraîner une mobilisation puissante, s'étendant à l'ensemble de l'éducation nationale et à d'autres secteurs. L es étudiants ont combattu l'an passé la LRU, c'est aux EC cette fois de prendre l'initiative. Quand on fait grève, on s'arrête de travailler, on fait autre chose, on est présent, on rencontre les étudiants notamment à l'heure des cours.

-         On n'a pas à se déclarer gréviste. C'est à l'administration de faire ou non ses vérifications. On peut ainsi réaliser une caisse de grève, en solidarité avec les BIATOS notamment, et pour financer les trajets des délégués aux coordinations... Il faut aussi mettre en avant le mot d'ordre de paiement des jours de grève dans les revendications et les protocoles de fin de grève.

-         Quand bien même des jours de grève seraient décomptés sur nos salaires, cela ne représenterait que quelques jours sur un mois, on peut le faire.

-         D'autres délégués disent qu'il faut « faire cours sans faire cours », par exemple se transformer en simples « lecteurs » et donc lire des textes durant tout le cours. Faire cours ailleurs que dans les salles. Faire cours sur d'autres choses que le programme.

-         Grève également administrative, avec grève des jurys, des expertises ANR, AERES...

-         Envoyer toutes nos publications à l'Élysée pour protester contre le mépris dont a fait preuve Sarkozy à l'égard des EC.

-         Pour des coordinations régionales (Grand Ouest, Grand Est...)

-         Certains mentionnent l'appel des appels et la perspective d'une convergence des luttes.


Discussion sur l'élargissement ou non des revendications

Deux positions se dessinent.

-         Il faut s'en tenir aux revendications de retrait des deux décrets (statut et masterisation). C'est ce qui permet de faire l'unité. C'est le cœur de notre action et c'est ce qui convainc des collègues qui ne s'étaient jamais mobilisés jusqu'à présent.

-         Il faut élargir les revendications pour étendre la mobilisation et parce que tout est lié. Il faut combattre les réformes à la racine (donc LRU, RGPP). La réforme du statut émane et est incluse dans la LRU. Il faut donc demander l'abrogation de la LRU. Insister sur les revendications des personnels, des précaires, des doctorants et post-doc, des étudiants. Un mouvement des EC seuls ne peut pas être victorieux.

Finalement, la motion finale (cf. cette motion) est une sorte de compromis entre ces deux positions. Elle élargit la plate-forme des revendications. Elle ne demande pas l'abrogation de la LRU mais fait le lien entre les réformes en cours et la LRU. Elle demande une autre loi.


Cela pose aussi une autre question, objet de controverses au cours de la réunion. Deux positions une fois de plus

-         retrait des décrets sans négociations préalables

-         négociations immédiates.


 

Motions votées par la Coordination Nationale des Universités réunie en Sorbonne (Amphi Richelieu) le 2 février 2009

196 délégués présents

313 participants présents en Assemblée Générale

Voici les textes des trois motions votées le 2 février 2009 par la Coordination Nationale des Universités.


Motion n°1

Comme celle du 22 janvier 2009, la Coordination Nationale réunie le 2 février 2009 condamne la mise en place d'une politique d'affaiblissement structurel de l'enseignement et de la recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories notamment au travers de l'individualisation des carrières, de la mise en place du nouveau contrat doctoral et des suppressions d'emplois.

Elle exige le rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d'emplois statutaires dans les universités et les grands organismes de recherche. Elle soutient les mobilisations en cours.

Elle constate que les Ministères n'ont, à ce jour, pas retiré :

  • le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs
  • la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants des premier et second degrés.

En conséquence, la Coordination Nationale appelle l'ensemble des universités à rejoindre le mouvement de grève totale, reconductible, illimitée, déjà engagée dans certaines universités.

Le 2 février 2009, l'Université et la Recherche s'arrêtent.

Votée à l'unanimité moins 2 abstentions


Motion n°2

La Coordination Nationale du 2 février appelle toute la communauté universitaire et le monde de la recherche (enseignants, chercheurs, étudiants, ITA, personnels administratifs, techniques et de bibliothèque, ainsi que les contractuels et vacataires) à entrer dans une lutte active. Elle appelle la communauté universitaire et le monde de la recherche à :

  • une journée nationale de manifestations et d'actions le jeudi 5 février ;
  • une manifestation nationale qui mène au Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche (1 rue Descartes, Paris), le mardi 10 février ;
  • une cérémonie nationale de non remise des maquettes de Masters le vendredi 13 février devant le Ministère et les rectorats ;
  • boycotter les expertises pour l'Agence Nationale pour la Recherche (ANR) et l'Agence d'Evaluation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur (AERES) ;
  • faire cours en dehors des cadres habituels ;
  • appeler les organisations syndicales et intersyndicales à faire le lien avec le primaire et le secondaire ;
  • imaginer toute forme d'action et de lutte qui alerterait collègues et citoyens sur le démantèlement du service public d'éducation et de la recherche.

Elle encourage chaque université à élire, pour la Coordination, trois représentants enseignants-chercheurs/enseignants/chercheurs, un représentant BIATOSS et un représentant étudiant (5 personnes maximum).

Votée à l'unanimité moins 2 abstentions


Motion n°3

Depuis près de deux ans, le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche a décidé et fait voter à la hussarde une série de « réformes » sans aucune négociation :

  • la loi LRU ;
  • la transformation radicale des organismes de recherche en agences de moyens ;
  • le pilotage, par le pouvoir politique, de la Recherche et de l'Université ;
  • la remise en cause des statuts nationaux ;
  • le démantèlement des concours nationaux de recrutement des enseignants des premier et second degrés, et le projet de « mastérisation » de la formation des enseignants ;
  • le projet de contrat doctoral.

Parallèlement, le Ministère a supprimé 1090 postes et développé la précarité des enseignants-chercheurs, des chercheurs et des personnels administratifs, techniques et de bibliothèque.

Pour mettre fin à cet autoritarisme, la Coordination Nationale des Universités réunie le 2 février 2009 exige :

  • le retrait du projet de décret sur les statuts des enseignants-chercheurs, et la restauration des cadres nationaux des diplômes et des statuts ;
  • le retrait de la « réforme » de la formation et du recrutement des enseignants des premier et second degrés ;
  • l'arrêt du démantèlement des organismes de recherche et de la fonction publique en général ;
  • le retrait du contrat doctoral ;
  • la restitution des postes supprimés et la résorption de la précarité chez les enseignants, les chercheurs, les BIATOSS et ITA par un plan pluriannuel de création de postes ;
  • la titularisation des personnels contractuels.

La Coordination Nationale constate que toutes ces contre-réformes résultent de la loi LRU. En conséquence, elle demande en urgence que la communauté universitaire et le monde de la recherche soient consultés sur une nouvelle loi garantissant démocratie, collégialité, indépendance et liberté, car l'Université n'est pas une entreprise et le Savoir n'est pas une marchandise.

Votée à l'unanimité moins 1 contre et 4 abstentions



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