Le scenario est déjà écrit

Publié le par Collectif Psychologues Descartes

 Un peu d'analyse. Face à un mouvement social d'une ampleur inédite  depuis 1968, le gouvernement a montré hier l'étendue de son désarroi. Foin de manipulations médiatiques, de réponses dilatoires, de  stratégies de contournement. Sarkozy en Belgique, Pécresse aux abonnés  absents, restait Fillon pour assurer le service minimum, façon Madame  la marquise. En d'autres termes, nos édiles n'ont plus de solution  politique – et à peine un réflexe politicien. En l'absence de porte de  sortie, rester droit dans ses bottes face à la gauche, aux  fonctionnaires et aux intellos offre au moins l'assurance de conserver  les voix des bataillons poujado-réac, coeur de cible de l'électorat UMP.

 Comment réagir devant l'aveu de cette impuissance? Il peut être utile  de rappeler le processus qui a mis fin, sans la moindre violence, à la  dictature est-allemande. En 1989, le retrait d'Afghanistan de l'URSS,  puis l'évolution politique de la Hongrie et de la Pologne produisent  un changement de contexte géopolitique. En septembre commencent les  "manifestations du lundi": chaque semaine, les rassemblements  populaires enflent inexorablement. En quelques mois, sous le regard  des observateurs incrédules, le mur puis le pouvoir tombent comme un fruit blet.

 Vingt ans après, la crise financière produit un autre changement de  contexte idéologique, tout aussi brutal. Les fondements de l'action  techno-politique, modèle OCDE, se dispersent comme sable sous les  pieds des dirigeants. Les manifestations ne désemplissent pas. Le  scénario qui attend un pouvoir autiste est déjà écrit. Nul besoin de  radicalisation. Il suffit de retourner dans la rue.

 André Gunthert SLRU-EHESS

 

Publié dans Nous informer

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