Les franchises, la liberté, la science

Publié le par Collectif Psychologues Descartes

Voici que nous atteignons la page 100. Sans compter le nombre de fois où la page d'accueil a été refaite.


Les premiers articles sont venus début décembre 2008, bientôt quatre mois, pour accueillir des textes que nous avions écrits, histoire de les mettre quelque part et de leur donner un peu d'audience. Et soyons honnêtes: à cette époque, on n'y croyait pas vraiment. On sentait bien que quelque chose pouvait vibrer. Mais nous étions parmi les premiers à ramer.


Les vacances de Noël sont venues et l'on pouvait craindre que tout ceci s'écrase lamentablement. Et au contraire le feu a pris et maintenant, en ce début de printemps, le monde universitaire est presque tout entier à la manoeuvre.

 

D'une certaine manière, mais d'une certaine manière seulement, on peut légitimement penser à Mai 1968, au sens de cette immense camaraderie qui défend des valeurs fondamentales.

 

Les français qui regardent ne nous comprennent pas vraiment. Et les politiques pas davantage. Ils ne comprennent pas l'exaspération. Et qui dure. Ils s'imaginent simplement que nous surfons sur le fait que les jours pourraient n'être pas décomptés de notre salaire. Et sans comprendre combien nous sommes au fond de nous mêmes inquiets de ce que qu'il adviendra du semestre universitaire si ceux qui nous gouvernent s'acharnent à ne pas vouloir bouger. Mais il faut qu’ils sachent que des principes, on peut même dire des idéaux, surpassent cette inquiétude. Là aussi, c'est un peu comme en 68: les enjeux dépassent les questions d'intendance ordinaire.

 

Qui sait ce que sont les "franchises universitaires" ? Qui sait combien il fut difficile de les obtenir ? Elles furent, naturellement mises au trou pendant l'occupation nazie.  S'attaquer aux franchises universitaires, c'est vouloir bâillonner la liberté. Simplement. C'est peu et une si grande chose. Car nous revendiquons le droit de dire et d'enseigner tout ce que la science nous a appris. La science s'entend. Pas l'imaginaire d'un gourou qui vient d'avoir une révélation ! La science avec tout ce qu'elle a de dialectique et de difficile à établir et qui nous interdit de balayer d'un revers de main les opinions contraires aux nôtres sans avoir pris la peine de les soumettre à la critique complète et objective de bien plus que la raison pure.

 

S'attaquer aux libertés universitaires, c'est attaquer la science, alors que ces idiots imaginent le contraire.

 

La science dont nous avons fait notre métier mérite le respect.

 

Jean Pierre Dufoyer

Publié dans Chroniques

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